Suisse - L'AGEFI

Levée de plus de 3 millions pour un alicament contre le diabète

GLYCEMICON. Le spin-off de l’EPFZ renforce également son conseil d’administration.

Glycemicon, émanation en 2013 de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), a levé pour sa première ronde de financement de série A un total de 3,25 millions de francs auprès d’investisseurs privés. La société biotechnologique entend utiliser ces fonds pour mener deux premières études cliniques sur un alicament, l’acide biliaire tétrahydroxilé (THBA), sur le prédiabète chez l’homme et sur le surpoids chez le chat. Le conseil d’administration accueille par ailleurs deux nouveaux membres et Robert Schier accède à la présidence. L’équipe de six personnes, sans compter les collaborations académiques, doit progressivement croître à une vingtaine de membres à l’horizon 2020, en fonction des résultats des études et de l’évolution des affaires, a expliqué à AWP la CEO Nadja Mrosek. Outre M. Schier, l’organe de surveillance accueillera aussi Danilo Cadei Massari - fondateur notamment d’une société d’aliments thérapeutiques cédée en 2011 à Nestlé - ainsi qu’Erhard Lee, à l’origine d’une société d’investissement établie à Zurich et à Zoug. Il rejoignent ainsi Peter Harboe-Schmidt, co-fondateur de l’entreprise et responsable de ses finances.

Au total, Glycemicon a levé depuis sa création en 2013 environ 7 millions, entre un tour de financement initial, divers prix et distinctions et des contributions d’individus fortunés ou de banques locales, sous la forme de prêts convertibles notamment. Les fondateurs de la société ont développé un mode propriétaire de synthèse du THBA, naturellement présent chez l’homme ainsi qu’en faibles quantités dans certains aliments. «Notre mé- thode est difficile à recopier et nous disposons en outre de brevets de l’EPFZ», a souligné le nouveau président.

«Les résultats des études précliniques ont démontré un profil de risque sain ainsi qu’une efficacité prometteuse du produit», a assuré pour sa part Mme Mrosek. La substance favorise le développement de cellules adipeuses de petites taille, plus réceptives à l’administration d’insuline que les cellules plus volumineuses. «Il existe un réel besoin chez les individus prédiabétiques de mieux contrôler leurs taux de sucre dans le sang et de repousser l’échéance de la déclaration de la maladie», relève la scientifique. L’approche s’inscrit par ailleurs entre les recommandations pour un mode de vie plus sain et les traitements médicamenteux à proprement parler, soit des injections d’insuline.

«Nous développons notre produit en qualité d’alicament, mais sa catégorisation exacte déprendra de l’issue des recherches», pré- cise M. Schier. Les «alicaments» - contraction des termes aliments et médicaments - comprennent en effet plusieurs sous-catégories. Les aliments médicaux constituent la classe d’alicaments la plus proche des médicaments et sont destinés à être administrés sous supervision médicale, au contraire des compléments dié- tétiques et des aliments fonctionnels. Les procédures de développement et d’homologations sont dans tous les cas nettement allé- gées en comparaison avec celles pour les produits pharmaceutiques.

La poursuite en parallèle des recherches chez l’homme et le félin suit une double logique. «Le chat constitue un excellent modèle pour la gestion chez l’être humain des taux de sucre dans le sang et nous pouvons apprendre énormément de leur réaction au THBA», explique Mme Mrosek. Les aliments pour animaux constituent par ailleurs un potentiel débouché non négligeable pour le THBA, «d’autant qu’un chat domestique sur deux souffre de surpoids en Europe comme aux Etats-Unis».

D’ici la conclusion de ces études, dans le meilleur des cas autour de 2020, la jeune pousse argovienne va continuer à travailler avec ses créanciers et à discuter avec de possibles nouveaux investisseurs, y compris d’éventuels partenaires commerciaux. Une nouvelle levée de fonds pourrait survenir en fin d’année prochaine. Le produit intéresse déjà à la fois des acteurs de l’agroalimentaire et de l’industrie pharmaceutique. «Toutes les options demeurent ouvertes» ré- sume la chercheuse, «mais elles dépendront avant tout de l’issue des recherches et des intérêts de nos partenaires».

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