Le Temps

Glycemicon veut révolutionner le traitement du prédiabète

La start-up a levé un peu plus de 3 millions pour lancer ses premiers essais cliniques. Elle développe des comprimés nutraceutiques contre le prédiabète, le diabète et l'obésité

Comment traiter des patients qui ne sont pas (ou pas encore) malades? C'est à ce dilemme que Glycemicon veut répondre. La start-up basée à Brugg (AG) développe des comprimés nutraceutiques pour lutter contre le prédiabète. Le traitement devrait pouvoir s'appliquer aussi au diabète.

La start-up vient de lever 3,25 millions de francs. Depuis sa création en 2015, elle a ainsi récolté un total de 7 millions. L'argent récolté permettra de lancer les premiers essais cli­niques dès cet été sur des humains ayant un prédiabète. Une deuxième série de tests sur des chats obèses pourra également être lancée. «Le prédiabète est un marché énorme, il n'existe aucun produit sûr et efficace. On se focalise sur le style de vie, le fitness, mais cela s'arrête là», explique Nadja Mrosek, fondatrice et directrice générale de Glycemicon. Les nutraceutiques sont des ingrédients actifs pré­sents naturellement dans un aliment ayant un effet bénéfique pour la santé.

Pas de prise de poids

La substance active sur laquelle travaille Glycemicon est un acide naturel (THBA) qui fonctionne sur les humains et sur les animaux domestiques. Il permet de stimuler la formation de nouvelles cellules adipeuses qui peuvent combattre des niveaux élevés de glucose dans le sang. Ces cellules, plus petites, n'entraînent pas de prise de poids mais améliorent de manière significative le stockage efficace des nutriments, augmentent la sensibilité àl'insu-line et permettent de mieux contrôler les niveaux de sucre dans le sang.

«Les coûts du diabète dans le monde sont faramineux. On pourrait les diminuer si on ciblait les gens plus tôt», poursuit lafondatrice, une Allemande de 32 ans. Or la recherche se focalise surtout sur les traitements une fois que le diabète est déclaré. Pourtant, «le prédiabète est une condition qui touche environ 20% de la population en Europe, aux Etats-Unis et au Japon», avance-t-elle. D'où, à son avis, le besoin d'une nouvelle approche, avant que le diabète ou des complications de la maladie ne se manifestent, comme les problèmes cardio-vasculaires.

Nadja Mrosek a obtenu son doctorat à l'EP FZ en 2015. Après avoir pratiqué la médecine dans son pays d'origine, elle revient en Suisse pour participer au projet qui deviendra un spin-off de l'EPFZ. Cofondée avec deux professeurs, qui restent des conseillers, la start-up emploie désormais cinq personnes, en plus de collaborer avec des universités. Elle travaille aussi sur un traitement contre l'obésité.

MATHILDE FARINE, ZURICH 

@MathildeFaiine

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